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Le territoire actuel de la commune, qui était une paroisse avant la révolution, a appartenu pendant plusieurs siècles à la province de Champagne. La commune de Turny est aujourd'hui située en Bourgogne du Nord ou Basse Bourgogne, à la limite de la Champagne, dans le département de l'Yonne, dans le Canton de Brienon.
"La Commune de Turny a la forme allongée d'un croissant, sa longueur est d'environ 14 kilomètres, tandis que sa plus grande largeur dépasse de peu 3 kilomètres. Sa superficie est de 2487 hectares." La Commune de Turny est limitée au Nord par la commune de Boeurs en Othe, à l'Est par celle de Sormery et Neuvy Sautour, au Sud par Saint Florentin, enfin à l'Ouest par les communes de Venizy et Chailley (2). Ci dessous vue d'ensemble du territoire de la commune de Turny "........Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre brillait à l'occident......." "........Quel moissonneur de l'éternel été avait en s'en allant négligemment jeté cette faucille d'or dans le champ des étoiles." Victor HUGO (BOOZ endormi) En cette fin de millénaire, les hameaux de la commune de Turny sont correctement desservis en voies routières. Ce réseau a été choisi quasi définitivement au début du XIXème siècle, à partir de très anciens chemins reliant les différents lieux d’habitation, et qui ont commencé à être goudronnés à partir de la fin du XIXème siècle. Il y a encore deux siècles, certaines voies n'existaient pas, d'autres n'avaient pas le même tracé (l’accès au bas Turny n'était pas comme actuellement, l’accès au Fays depuis Le Saudurand passait par le Luteau) De type rural, ces routes communales et départementales sont peu fréquentées et présentent un caractère secondaire dans la mesure où pratiquement seuls les habitants du croissant, voire ceux de quelques communes environnantes, les empruntent. Ces routes ne sont pas un passage obligé reliant de grandes voies de communication. La largeur minimum des chaussées nécessitent des vitesses raisonnables lors des croisements. La qualité du revêtement - bitumés en 1997- est plutôt moyenne. Aucune route nationale ni autoroute ne troublent la tranquillité des Turrois .
Pour conclure sur cette présentation générale, soulignons deux handicaps majeurs pour cette commune. - D’abord, un kilométrage important de routes à entretenir, générant des dépenses d’investissement incontournables. - Ensuite, sur cette forme particulière du territoire se dispersent sept hameaux et deux lieux -dits habités, tous relativement éloignés du village de Turny. Cette dispersion des habitations, que l'on retrouve d'ailleurs dans les communes environnantes de la Forêt d'Othe, est l’un des problèmes principaux qui se posent aux élus dans leurs initiatives d'équipements. Tout au long de cet ouvrage, nous ne manquerons pas d’illustrer cette problématique par de nombreux exemples. c) Origine de la CommuneLes limites du territoire de la commune de Turny, telles que nous les connaissons actuellement, ont une origine très ancienne qui est antérieure à 1140. Une carte de 1784, réalisée par PICHOT, arpenteur royal, nous démontre que le même découpage territorial constituait la paroisse de Turny. Ce n'est qu'à la Révolution que ce croissant prit le nom de commune. D'abord, un décret du 12 novembre 1789 décide que sur le territoire national il y aurait une municipalité dans chaque ville, bourg, paroisse ou communauté de campagne. Dans un deuxième temps, l'Assemblée Nationale Constituante adopte, par une loi du 14 décembre 1789, "le décret relatif à la constitution des municipalités" , texte de 62 articles suivis d'une minutieuse instruction sur la formation des nouvelles municipalités. Ainsi, sont consacrées les frontières historiques des paroisses en milieu rural, qui créent à l'époque en France environ 44000 communes. (Il n'existe plus que 36 408 communes en 1998 dont 450 dans l'Yonne) La loi du 22 décembre 1789 complétera celle du 14 décembre de la même année. Soulignons au passage l'importance de cette division administrative de la France qui constituait la toute première décentralisation. Ce paragraphe est aussi l'occasion d'expliquer une affirmation de Bénony DURANTON, selon laquelle Turny serait "commune" depuis 1141.(Annuaire de l’Yonne 1854 : notice sur Turny P.400.) Sans mettre en doute les preuves qu'il avance et bien que cela n'ait pu être vérifié, il convient néanmoins de préciser le sens de ce mot à cette époque. Il s'agit simplement de la Commune au sens de "Comugne" ce qui signifie ville affranchie. (Définition Grand Larousse Universel, édition 1989, « La Comugne de Turny ) En d'autres termes, s'il est vrai que Turny -et Turny seulement- ( Les hameaux de Turny n'étaient pas concernés), était un bourg affranchi dès 1141, il n'y a pas de rapport direct avec le sens de "commune" comme division administrative de la France, en application du décret du 12 novembre 1789.
e) Administration de la commune Depuis la Révolution, la commune est administrée par un Conseil Municipal ou son équivalent , présidé par le Maire. Le premier Conseil Municipal après la Révolution s'appelait "Conseil Général". Avant 1989, cette assemblée délibérante était composée de onze conseillers. En raison de l'augmentation de la population (supérieure à 500 habitants), l’assemblée délibérante est, depuis cette date, composée de 15 membres Le Conseil Municipal a une mission générale de gestion de la commune avec des compétences d'attributions et des compétences territoriales définies par le législateur. Cette assemblée délibérante vote :
En ce qui concerne les revenus de la commune de Turny, les recettes de la classe 7 du budget proviennent : - De la vente de coupes de bois appartenant à la municipalité dans la forêt d'Othe, - Du produit des 4 taxes : Taxe d'Habitation, Taxe Professionnelle, Taxe Foncier Bâti, Taxe Foncier Non Bâti. - Comme toutes les communes de France, Turny bénéficie de la Dotation Globale de Fonctionnement (D.G.F) calculée en fonction de sa population, ses richesses naturelles .... Cette dotation de l'Etat a un effet régulateur entre les communes riches et les communes pauvres en donnant, proportionnellement aux ressources et à la taille de chaque commune, une dotation plus ou moins forte. - Comme toutes les communes de France également, Turny est remboursée d’une partie de la T.V.A de l'année N-2 pour toutes les dépenses d'investissement définies par voie réglementaire comme n'étant pas des charges de fonctionnement. D'autres recettes, suivant les années, peuvent s'ajouter à celles-ci. Sans en donner la liste exhaustive en voici quelques-unes :
Suite à une pétition émanant de 16 entreprises et artisans de la commune le Conseil Municipal, en séance du 12 mars 1992, décide d’appliquer par 8 voix, lors du vote du budget primitif de 1992, une baisse de la Taxe Professionnelle qui est ramenée à 13,05% et s'aligne ainsi sur la moyenne départementale. Alain BROUSSEAU, Maire de Turny, exprime son désaccord avec cette décision de l'assemblée dans l'éditorial du bulletin municipal N° 30. « ...... Sous la pression inqualifiable et inadmissible d'un groupe d'intérêt, une majorité a choisi de renoncer à une bonne gestion en baissant...... la Taxe Professionnelle, c'est à dire en augmentant la pression fiscale sur votre taxe d'habitation et sur vos impôts fonciers. On croyait de semblables méthodes réservées à nos voisins Italiens ou à quelques Etats Africains attardés. Mais non, hélas et l'on se doit de constater que la dégénérescence morale qui gagnait progressivement les structures de l'Etat (amnistie, fausses factures etc..) semble atteindre aussi nos petits villages ... ». Pour le budget primitif de 1993, le Conseil Municipal votera une nouvelle baisse de la Taxe Professionnelle et de la Taxe sur le Foncier Non Bâti de 2,5%, maintenant les deux autres taxes au taux de 1982. Le Maire, dans son éditorial du bulletin municipal N°32 de mars 1993, indique qu'il aurait souhaité que cette baisse soit appliquée aux quatre taxes. En ce qui concerne les dépenses de fonctionnement figurant en classe 6 du budget communal, il est intéressant de constater que la plus importante est générée par les frais de personnel qui constituent plus de la moitié du budget de fonctionnement. Les trois comptes les plus importants venant ensuite dans l'ordre décroissant sont
- Enfin les contingents départementaux, c'est-à-dire la participation obligatoire des communes à certaines dépenses du Département (Collèges, Aide Sociale ... etc). Les dépenses d'investissement sont différentes chaque année. A Turny, l'entretien permanent des bâtiments communaux anciens et des routes communales très nombreuses, consomment en grande partie les investissements.
« La baisse de la taxe professionnelle... la hausse des contingents aide sociale et incendie ainsi que les tarifs publics en général, une légère augmentation progressive des taux pourrait être nécessaire dans un proche avenir, plutôt que d’être contraint, d’ici quelques années de franchir une grosse marche d’un seul coup ». Le
vote du budget primitif 2005, montre que la politique municipale depuis
15 ans avantage très
nettement
les entreprises et les agriculteurs propriétaires à Turny. Comparativement
à 1991,
la Taxe professionnelle est diminuée de 14,20% à 11% le foncier non bâti
est diminué de 47,70% à 44,80%. En revanche, la
taxe d’habitation passe de 7,99% à 8,40% et le foncier Bâti de
11,75% à 12,40%.
Il convient de souligner dans l’administration municipale le rôle particulier du Centre Communal d'Action Sociale (C.C.A.S) que l'on appelait, avant les lois de décentralisation de 1982, le Bureau d'Aide Sociale, et dont l’objet est de mettre en place au sein de la commune une politique sociale dite "Action Sociale facultative" complémentaire aux obligations du Département dans ce domaine, notamment depuis la loi de décentralisation et la loi sur le Revenu Minimum d'Insertion. Ce C.C.A.S présidé par le Maire a un Conseil d'Administration composé pour moitié d'élus du Conseil Municipal et pour autre moitié de personnes extérieures à l'assemblée délibérante, domiciliées sur la commune et choisies par le Conseil municipal Ce C.C.A.S possède une personnalité morale de droit public, distincte de celle du Conseil Municipal, avec un budget à part. Néanmoins, cet organe décisionnel en matière sociale ne dispose pas de revenus et seuls les dons lors de mariages ou autres ainsi que des subventions de la municipalité lui permettent de fonctionner. Par ailleurs, l'avis de cet organe délibérant sur les dossiers d'Aide Sociale, Revenu Minimum d'Insertion ou Aide Médicale est déterminant pour les prises en charge financières décidées par les commissions départementales A Turny le C.C.A.S dispose, par exemple en 1989, d'une subvention du Conseil Municipal de 10 000 F pour fonctionner. Curieusement à Turny, c'est le Conseil Municipal qui semble voter les budgets et les comptes administratifs du C.C.A.S alors que, conformément à la loi, cette tâche incombe au Conseil d'Administration du C.C.A.S lui-même et en toute souveraineté. Pour terminer avec ce paragraphe consacré à l'administration municipale, voici pour illustration un extrait du Bulletin d'Informations Municipales N° 6 P.12 et P.13 réalisé en novembre 1984, montrant au budget supplémentaire 1984 la répartition des différentes recettes, charges et investissements de la commune.
2) Administration extra-municipale Le Conseil Municipal n'est pas seul à participer à la gestion de la commune de Turny. D'autres structures possédant chacune une personnalité moralede droit public distincte de celle du Conseil Municipal participent à la gestion communale. Ce sont les syndicats intercommunaux qui regroupent plusieurs communes et s'occupent d'un domaine très spécifique ayant un caractère de service public. Ils fonctionnent avec un budget distinct provenant généralement de taxes appliquées sous forme d'indices au coût de fonctionnement des services rendus. Les Conseils d'Administration gérant ces syndicats sont composés d’ un ou plusieurs délégués désignés par les Conseils Municipaux de chaque commune. Ces délégués choisissent parmi eux leur Président qui sera chargé de l'exécutif.
Pour sa part, en 1993, Turny adhère Au Syndicat Intercommunal d'Alimentation en Eau Potable de la Région de Saint Florentin depuis 1942 (délibération du 27 sept 1942). La spécificité de cet organisme est de veiller à l'alimentation et à la potabilité des eaux des communes adhérentes, ainsi qu'à l'assainissement et le traitement des eaux usées. Ce dernier point ne concerne pas Turny qui, en cette fin de millénaire, n’a pas de réseau communal d’assainissement. Ce syndicat regroupe les communes de Beugnon, Chéu, Germigny, Jaulges, Neuvy-Sautour, Turny et Vergigny, soit près de 2000 abonnés qui consomment près de 250 000 m³ d'eau par an. Ce syndicat fait notamment procéder à des analyses de l'eau courante. (B.I.M N°31 Sept 92 P.10) Rappelons enfin que l’eau courante n’a été installé dans le bourg de Turny qu’en 1965 . Au Syndicat d'Electrification Rurale dont l'objet est l'éclairage public des communes, la pose de lignes électriques souterraines ou aériennes (Bulletin d'information municipale N°32 P.6) etc... Au Syndicat Intercommunal pour l'Amélioration de l'Habitat de la Forêt d'Othe. Opération limitée dans le temps mise en place le 2 décembre 1986. Ce syndicat a fonctionné 5 ans. Il concernait 11 communes sur 3 cantons : Cerisier, Brienon et Villeneuve l'Archevêque ( Bulletins municipaux N°12 de Janv.87 P.5, 6 et 17 - N°14 de sept.87 P.14 et oct. 1989 N°21 P.8).L'objet de ce syndicat était de conserver aux hameaux et aux bourgs leur aspect traditionnel, apporter aux habitants un meilleur confort dans leur habitat sans négliger les débouchés que cela apporte aux artisans locaux. Les travaux de rénovation concernaient les toitures, les façades, les sanitaires et le chauffage. Ce syndicat, après étude des dossiers ouvrait droit à des subventions pour les particuliers (O.P.A.H de la Forêt d'Othe). Pour conclure, les types d'administration et notamment les pouvoirs donnés aux élus municipaux évoluent au cours des siècles. Du système administratif jacobin centralisé de 1794, au passage à un système plus souple avec un centralisme dit déconcentré, puis à la loi de décentralisation du 02 mars 1982, les communes ont acquis peu à peu plus d'autonomie bien que la tradition jacobine centralisatrice reste encore malgré ces lois successives toujours très présente. La Loi d'orientation relative à l’administration territoriale de la République du 6 Février 1992 et la loi CHEVENEMENT sur l'intercommunalité du 12 juillet 1999 vient encore modifier la règle du jeu dans la gestion de cette commune. Comme cela a été expliqué précédemment, le territoire actuel de Turny à partir de 1140 et jusqu’à la révolution selon Bénony DURANTON constituait à lui seul une paroisse. Actuellement, Turny appartient avec les communes de Chailley, Vachy et Venizy à la paroisse de Champlost, nom du lieu où réside le prêtre desservant et qui est l'Abbé Henri DUBOIS Nous appartenons au Doyenné du Jovinien qui regroupe 64 communes de 14 paroisses. A Turny, durant les années 1980, les messes sont célébrées le dernier dimanche de chaque mois à 10H, à partir d'avril jusqu'à la fin octobre. A la fin de ce XXème siècle, la paroisse est locataire de l'église de Turny qui est un bâtiment communal. A ce titre, la paroisse doit entretenir l'intérieur de l'église, l'extérieur restant à la charge de la commune. Pour faire face à ces dépenses, le Curé de la paroisse organise des kermesses inter-paroissiales. Il a collecté, par exemple en 1987 : 60 000 F, et 55 000 F en 1992 .(Bulletin informations Municipales N'14 de Sept 87 P.14) Par ailleurs, depuis la séparation de l’église et de l'Etat, seul le denier du Culte assure les revenus des prêtres. C'est au niveau de l’Archevêché que les sommes d'argent collectées sont rassemblées et redistribuées équitablement entre tous les prêtres. A Turny, en 1986 l'Abbé perçoit mensuellement 1 885 F, revenu bien inférieur au Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC). A cette même date, la collecte du denier du Culte à Turny a été de 1200 F pour l'année. L'enseignement religieux est dispensé aux enfants par des bénévoles. Melle TESTA Geneviève demeurant rue de la Croix St-Pierre, dans les années 1950-1960, Melle ROY Marguerite domiciliée place Saint-Mammès dans les années 1960, Mme ROYER Louise de Linant depuis 1986 pour les enfants entrant en CE.2. (Bulletins d'informations municipales N°11 P.14 et N°32 P.15(Bulletins d'informations municipales N°11 P.14 et N°32 P.15
Extrait bulletin municipal de mars 2003 |