LE CHATEAU DU BAS TURNY

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De tout temps, les seigneurs établis sur le territoire communal y possédaient leur demeure.

L’origine du bourg de Turny, à la fin du premier millénaire, est liée à la fortification seigneuriale appelée « motte féodale ».

Sans doute parce que le bourg de Turny était une « Comugne» dès 1140, aucun château n'y a plus été construit à partir de cette date, contrairement à d'autres villages de l'Yonne où le seigneur bâtissait sa demeure à proximité immédiate ou dans le village.

Le Bas Turny semble avoir été le lieu choisi pendant toute cette période du deuxième millénaire.

Les deux autres châteaux - Le Bourget et les Varennes- , ne sont pas aussi anciens et n'ont pas une histoire aussi riche que celui du Bas Turny.

Le château du Bas Turny fut construit en 1656 par Charles DE BARBEZIERES, COMTE DE CHEMERAULT  sur les ruines d'une ancienne forteresse qui appartenait à Robert DE PIEDEFER .Cette date de 1656 était inscrite sur la clef de voûte de la première galerie qui conduisait aux cuisines. (Annuaire del’Yonne année 1854 - P. 391)

Par chance, les cinq gravures dessinées par l'architecte Jean MAROT-FECIT représentant les plans de ce bâtiment ont été retrouvées fortuitement à Paris, dans les années 1970 par le docteur HUTIN de Neuvy-Sautour, chez un bouquiniste près de Notre-Dame. Elles permettent d'apprécier l'importance de cette demeure seigneuriale détruite en 1852 ((Annuaire de l'Yonne - année 1854 - P.390).

Avec ses hautes murailles, toits aigus et allongés, sa magnifique coupole sur un dôme central à triple étage, protégé par de vastes fossés et d'importantes ferrures sur les fenêtres du rez-de-chaussée, le château de Turny était un ensemble grandiose et imposant.

L'étude des cinq plans de Jean MAROT et le document rédigé par Bénony DURANTON (Annuaire de l’Yonne - année 1854 : P.391 et P. 426(VI) à P.428(VII))Annuaire de l’Yonne - année 1854 : P.427),(Annuaire de l'Yonne - année 1854 - P.390).

Avec ses hautes murailles, toits aigus et allongés, sa magnifique coupole sur un dôme central à triple étage, protégé par de vastes fossés et d'importantes ferrures sur les fenêtres du rez-de-chaussée, le château de Turny était un ensemble grandiose et imposant.

L'étude des cinq plans de Jean MAROT et le document rédigé par Bénony DURANTON (Annuaire de l’Yonne - année 1854 : P.391 et P. 426(VI) à P.428(VII)) qui a pu contempler ce monument avant qu'il ne soit détruit, vont aider à faire une approche détaillée, aussi fidèle que possible de ce monument commencé, selon Victor PETIT(Annuaire de l’Yonne - année 1854 : P.427), dans la seconde moitié du XVIIème siècle et partiellement achevé au début du XVIIIème siècle.),

Le chapitre consacré aux emblèmes et blasons invite à découvrir une description de certains aspects du château rédigé sur le registre de la municipalité de la commune de Turny en octobre 1793, par Jean FOURREY Maire et Jacques CHARLOIS Officier Municipal.

a) Extérieur du château

Des blocs calcaires du pays, issus d'une carrière située à proximité immédiate d'un chemin qui prolonge l'allée du château et qui conduit sur la route de Venizy, furent utilisés pour édifier cette bâtisse.

La qualité des matériaux -calcaire tendre et friable- n'était pas adaptée pour résister au temps. La fragilité de la pierre entraîna une dégradation rapide de ce monument qui, selon Bénony DURANTON, ne fut jamais vraiment achevé.

Toujours selon le même témoin, Monsieur Victor PETIT qui a pu comparer les plans de l'architecte Jean MAROT et le monument, des différences notables étaient constatées dans l'agencement des fenêtres et des corniches, dans la disposition des frontons et des grandes combles et dans plusieurs autres parties de l'édifice.

Ces disparités paraissent avoir été motivées par des dispositions nouvelles adoptées pendant et même après la construction (Annuaire de l’Yonne - année 1854 : P.426)Annuaire de l’Yonne - année 1854 : P.426)).

Les fossés remplis d'eau étaient bordés d'une muraille surmontée d'une balustrade en pierre. De dimensions parfaitement régulières, ils avaient une largeur de 19,5 mètres et une profondeur de 3,9 mètres.

Ces fossés protégeaient le château dans un espace rectangulaire dont les dimensions étaient de 97,50 mètres sur 42,80 mètres. 

Deux ponts de pierre situés à l'opposé l'un de l'autre permettaient l'accès à la demeure.

L'un de ces deux ponts donnait accès sur l'entrée du vestibule, dans une vaste cour et l'autre sur la façade coté parterre, sur une immense terrasse.

La cour et la terrasse avaient chacune une balustrade. Aux angles de la terrasse longue de 4218 mètres et large de 17,50 mètres, s'élevaient deux petits pavillons faisant saillie et baignant dans les fossés.

Un curage des fossés a été réalisé en 1990


Un rapport du receveur des domaines et bois, chargé de gérer les biens sous séquestre de la famille De La Rochefoucauld relate les problèmes de braconnage dans les fossés du château. (archives dép. Q 498)

Agence de l’enregistrement 9 germinal An (III) et des domaines

Le receveur des domaines et bois, séquestre national au bureau de Saint-Florentin, aux administrateurs du district de Saint-Florentin.

"Il s’exerce continuellement un brigandage nocturne dans les fossés environnant le ci-devant château de Turny dépendant des biens séquestrés de la veuve De La Rochefoucauld, mère d’émigré.

On pêche impunément et le jour et la nuit à l’épervier et à l’étiquet sans que les gardiens de meubles osent s’y opposer poste que les délinquants y viennent armés de fusils et en tirent plusieurs coups pour se faire craindre.

L’exposant…..propose…… l’adjudication de la pêche de ces fossés [………] comme le seul moyen d’arrêter ces actes de brigandage et de tirer un profit réellement avantageux du poisson qui existe [………]

Il y a en outre quelques objets à adjuger en même temps : ….. l’élagage des ormes et des vernes qui avoisinent ces fossés. [……..]"

En réponse le II germinal

Qui……estiment

qu’il y a lieu à autoriser le receveur séquestre à faire procéder [………] à l’adjudication de la pêche des fossés…

qu’il y a pareillement lieu à autoriser l’adjudication des arbres bordant et avoisinant les dits fossés…

Les mêmes problèmes sont posés le 24 brumaire de l’an 3

« concernant le ci-devant château, sis à Turny et entouré de fossés remplis d’eau et bien empoissonnés.

que la pêche n’a point était faite depuis 6 ans et qu’il est intéressant d’y procéder,

Que la garde de ce poisson exige un homme de plus dans cette maison, que l’on pourrait supprimer un second gardien en vendant cette pêche,

Que la longueur des nuits d’hiver ne peut que favoriser la pêche frauduleuse qu’on pourrait y exercer,

En conséquence, il vous invite citoyens à autoriser la vente qu’il vous propose de faire de ce poisson et de fixer les jours que vous jugerez convenables d’y procéder

L’administration demande au receveur de fixer les conditions de vente suivant les qualité et grosseur du poisson ainsi que les charges à imposer pour aleviner les fossés,

Le receveur fait observer que : quant au mode de vente c’est absolument l’administration que cela concerne,

Sur les charges à imposer pour l’alevinage, elles sont dans les disposition de la convention qui ordonne de dessécher et combler tous les fossés entourant les ci-devant château et maisons de campagne."

b) Le parc du château.

Ce château était implanté dans un parc immense incluant la quasi totalité du Bas Turny. Il s'étendait au Nord-Ouest jusqu’en limite de la paroisse de Venizy

Le chemin appelé aujourd'hui « allée du château » (V.C n°2), était bordé de peupliers. Un chemin, aujourd’hui disparu et perpendiculaire à l’allée du château en direction de Venizy, était également bordé de très grands arbres. Il offrait de superbes promenades aux nobles de cette demeure.

Cette propriété englobait les rives du « ru d’Evre » rebaptisé aujourd’hui « La Brumance » et prenait fin aux portes du bourg de Turny.

Ce domaine était d'environ 300 hectares.

La route départementale actuelle n°220, entre Turny et Bas Turny, n'existait pas.

L'accès au château s'effectuait par le chemin « Allée du Château » lequel permettait également de rejoindre Venizy.

Un ancien chemin, appelé aujourd'hui "chemin des coqs", joignant Turny au niveau du chemin du Moulin Neuf, après le pont de la Brumance et Bas Turny au niveau de la route de la Tuilerie, permettait de rejoindre la route de Saint-Florentin en évitant de traverser le parc du château.

Dans son ouvrage (Annuaire de l’Yonne -année 1854- P.428) sur Turny, Bénony DURANTON explique à propos du parc que

"... A part les fossés qui entouraient immédiatement le château, il existait encore de vastes pièces d'eau qui, dans un parcours d'environ 1000 mètres, enceignaient la grande cour, un parc et la belle prairie qui sépare le château du village.

Ces pièces d'eau étaient bordées de chaque côté d'un double rang de peupliers dont les têtes chevelues et élancées encadraient altièrement ce vaste tableau…"

Ce même ouvrage, renseigne quelques pages plus loin sur l'aspect du parc en 1770, alors occupé par le vicomte DE LA ROCHEFOUCAULD…(Annuaire de l'Yonne - Année1854 - P.438 et P. 439)

« ...l'extérieur, la transformation n'était pas moins sensible. Pour égayer l'aspect monotone du parc, au midi, et son horizon trop borné, le vicomte avait eu l'heureuse idée de creuser au pied même de la colline à deux cents pas et en vue du château, un magnifique bassin où l'eau tirée à grands frais d'un ruisseau éloigné tombait en cascade retentissante dont le murmure ne se taisait ni jour ni nuit. De longs cailloux pointus tapissaient l'intérieur du bassin habité encore par quelques naïades ou tritons et couronné à son sommet d'une urne immense. Plusieurs îlots, de longues avenues bordées d'arbres superbes, des promenades auxquelles les ondulations du terrain répétées à leur faîte par les tilleuls et les marronniers donnaient un aspect féerique... ».

Ce que l'on appelle aujourd'hui la "mare à Colo", du nom du propriétaire des prés et qui sert de point d'eau pour abreuver le bétail, était l’un de ces magnifiques bassins du château alimentés en eau suivant les clauses d'un contrat très précis signé entre Me Veuve DE LA ROCHEFOUCAULD et Me PAILLERY locataire du Moulin Neuf, appartenait au Seigneur.

c) L'intérieur du château

En entrant dans le château par la grande cour large de 27,40 mètres et longue de 38,90 mètres, se dressait à droite la chapelle du château dont l'intérieur était de forme ronde et voûtée en dôme surmontée d'une lanterne à huit pans.

Cette chapelle de forme carrée à l'extérieur, de 8,80 mètres de côté, était prolongée par un bâtiment long de 30,30 mètres où se trouvaient un des cabinets de travail du seigneur et deux chambres.

Sur le côté droit, symétriquement au coté gauche, on apercevait un pavillon de dimension identique à la chapelle qui constituait la grande chambre des parades. Le bâtiment prolongeant ce pavillon comprenait deux autres bureaux ou cabinets ainsi que deux chambres et une alcôve.

Le bâtiment principal appelé grand corps de logis était donc construit entre la cour et la terrasse. Il comprenait dix sept pièces de surfaces différentes, au rez-de- chaussée.

En pénétrant par le côté terrasse du château, après avoir gravi une dizaine de marches, se trouvait un immense salon. A droite et à gauche, de large portes conduisaient dans de vastes chambres. Dans ces locaux se déroulaient les festivités de la noblesse conviée.

En face de la porte d'entrée de ce salon, il était possible de regagner la cour du château après avoir traversé le vestibule.

L’accès à la salle à manger se faisait par le vestibule.

Diverses autres pièces –garde-robes, chambres, antichambres, cabinets, petits cabinets, alcôves- composaient ce corps de logis.

Sous le Duc DE DOUDEAUVILLE, l'intérieur du château brillait d'un éclat princier, précise Bénony DURANTON.

".... L'ameublement du salon était magnifique : des boiseries , sculptures en tapissaient les quatre murs et encadraient agréablement une galerie assez bonne de portraits de famille.

De riches tapis y étalaient leur luxe et le bois des fauteuils, des vastes sofas recouverts des plus précieuses étoffes étaient tout ruisselants d'or.

Dans la chambre du Maître se trouvaient des sculptures à profusion. Des peintures murales sur bois en décoraient toute les parties sur le plafond et jusque dans l'intérieur de l’alcôve.

Au milieu de panneaux enrichis de dorures, on voyait représenté (in naturalibus) la tête couronnée de roses et se balançant mollement sur des guirlandes de fleurs, des jeux , des ris et autres personnages qui ne sentaient rien moins que les goûts du moraliste.

Les émanations voluptueuses de l'œil-de-boeuf et du parc au cerf avaient semé partout leur contagion.

Le Vicomte DE LAROCHEFOUCAULD avait des goûts prononcés pour la grande vie. Il organisait des chasses, invitait de nombreux convives, organisait des spectacles dans l'enceinte du château même... »(Annuaire de l’Yonne - P.436 à 439.).

Lorsque le château fut détruit, les Turrois utilisèrent les matériaux des ruines pour construire ou réparer leur demeure.

Certains habitants ont même utilisé les sculptures de l'ancien château pour décorer leur propre habitation.

Ainsi, la maison à BARROCHIN (du nom de son ancien propriétaire des années 1960), située au n° 09 Grande rue à Turny qui a d'ailleurs été rachetée par la commune, a été décorée des figurines de l'ex-demeure seigneuriale ((Photographies des figurines et des colonnes).

La grange, située au n°06 Grande rue à Turny, possède deux grandes cheminées avec des colonnes empruntées aux ruines du château .

Des notes de Nicolas Sallot de.Montachet ((Denis Marie Nicolas SALLOT DE MONTACHET né en 1798 - Substitut du Procureur du Roi à Troyes était propriétaire du Château des Varennes jusqu'en 1882 date de sa mort ),), retrouvées aux Archives Départementales par François GENREAU ((François GENREAU Président Société Archéologique B.I.M n°33 - Novembre 1993 - P.23)), révèlent que certaines pierres et mobiliers ont été emportés en divers lieux.

" Des masques qui surmontaient les croisées, plusieurs sont à Turny dans la grande rue. Trois ont été incrustés aux Varennes dans la façade du dôme, sur la cour. La boiserie du salon, celle de la salle à manger sont dans la même habitation (mais dans des proportions infiniment moins grandes).

La superbe table de marbre qui était dans la salle à manger, les portes de l'appartement connu sous le nom de «chambre dorée », un canapé en tapisserie très remarquable sont à RIGNY-LE-FERRON.

Les boiseries de la "chambre dorée" sont elles aux Varennes, distribuées dans divers appartements. Là est assis l'un des tableaux représentant des amours paraissant descendre du ciel et répandant des fleurs à pleines mains, l'autre tableau simulant l'alcôve a été vu à TROYES et semblerait avoir été vendu à PARIS. »

Le cadre rond en bois de chêne simulant une couronne de lauriers, qui entourait le portrait à mi-corps du Garde des Sceaux est aussi aux Varennes.

Il est regrettable que la cascade ait été détruite de fond en comble ; les matériaux récupérés n’ont pas dû rapporter beaucoup . Elle aurait superbement agrémenter un jardin paysagiste.

 Le site de l'ancien château du Bas-Turny

d) LES PLANS DU CHATEAU

Le château de Turny fut construit selon la tradition locale sur l’emplacement d’un ancien château du moyen âge. Il fut bâti dans la deuxième moitié du XVIIème siècle (1652) et habité successivement par les familles de Chauvelin et, de La Rochefoucault. Sa destruction complète remonte à 1852.

(Toulot, éditeur (Carte postale de 1911)

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LE MONTAGE CI DESSOUS PERMET DE SITUER LES DIFFERENTES FACADES DU CHATEAU DU BAS TURNY

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Plan de l’intérieur du château de Turny

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Ci dessous : Intérieur du salon et du vestibule du château ( vue en coupe)

 

Des matériaux provenant de cet ancien château du Bas Turny, détruit en 1852, se retrouvent dans certaines constructions de Turny. Ci dessous, les « masques » qui surplombaient les fenêtres du château ont été utilisées pour enjoliver la façade de la maison située à côté de la mairie. La plaque de cheminée, décrite par les citoyens MANOIT ET GARDON avec les blasons des familles DE LA ROCHE FOUCAULT et CHAUVELIN ,a longtemps séjourné dans cette même bâtisse dont M. BARROCHIN était propriétaire dans les années 1960-80. Qu’est devenue cette plaque ?

Bord de fenêtre provenant du château du Bas Turny et intégré en façade de la maison « aux masques » située à côté de la Mairie

(photo 1978 avant restauration)

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Masques du château de Turny qui surplombaient les fenêtres de la façade située coté terrasse

(photos réalisées en 1978 avant restauration)

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Ci dessous, "la maison Barochin" avant et après travaux

Les masques ont été restaurés dans les années 1980, en même temps que la façade et l’intérieur de l’habitation. Plusieurs logements locatifs et une bibliothèque municipale ont été aménagés.

Les portes ont été réhabilitées à l’identique. Ci-dessus, l’état de l’une de celles-ci avant la restauration. On ignore toutefois si elles provenaient du château.

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Ci dessous : colonnes de la cheminée du château du Bas-Turny

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Granges située au N°2 grande rue à turny. La cheminée provient du château du Bas-Turny

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LA MARE A COLO : ANCIEN BASSIN DU PARC DU CHATEAU

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« La mare à Colo » était l’un de ces magnifiques bassins faisant partie du château alimentés en eau suivant les clauses d'un contrat très précis, signé entre Me Veuve DE LA ROCHEFOUCAULD et Me PAILLERY locataire du Moulin Neuf appartenant au Seigneur.

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Les fossés du château

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Pendant plusieurs dizaines d’années, asséchés après la destruction de l’édifice seigneurial, les fossés du château ont été à nouveau inondés au début des années 1970.

Il y abonde aujourd’hui une faune aquatique : canards sauvages, poules d’eau…

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Ci dessous : Une ferme de l’ex-château

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Le bâtiment aux chevaux appartenant au château (Photo août 2000)

Ci dessous les fossés du château (années 1970)

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Ci dessous nettoyage des fossés en 1990

 

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Le parc du château, d’après PICHOT Arpenteur Royal, en 1784

(Archives Départementales C68)

TURNY : L' Yonne Républicaine du mercredi 17 août 2011

Derrière le ruisseau, le château

Il n'en reste que des vestiges et ses pierres ont servi à construire quelques habitations L'élégance du château qui occupait Bas-Turny peut seulement s'imaginer. Il fut détruit en 1852.

Parmi les usagers de la route de la Brumance qui traverse le hameau de Bas Turny, rares sont ceux qui ont conscience de traverser l'ancien domaine d'un château vaste et luxueux.

De celui-ci, il ne subsiste comme seule trace qu'un îlot entouré d'eau dans un cadre sauvage et paisible, fréquenté par les canards. Autrefois, cette route n'existait pas et on accédait au château par une allée.

Il possédait une magnifique coupole sur un dôme central à triple étage

Le domaine couvrait une surface de 300 hectares, jusqu'à la limite de Venizy et il occupait pratiquement tout le Bas-Turny actuel. L'édifice fut construit par Charles de Barbezières, comte de Chémerault, sur les ruines d'une ancienne forteresse. On peut se faire une idée de son aspect grâce à Benoni Duranton. Celui-ci décrit, en effet, le bâtiment qu'il a pu voir lui-même de son vivant, dans l'annuaire de l'Yonne de 1854. De plus, il existe cinq gravures retrouvées tout à fait fortuitement, en 1970, par le Dr Hutin de Neuvy-Sautour chez un bouquiniste à Paris.

Il s'agissait d'un ensemble imposant construit en blocs de calcaire tendre issu d'une carrière proche. Il était ceint de hautes murailles entourées de fossés remplis d'eau de 19,5 m de large et 3,90 m de profondeur. Ceux-ci protégeaient le château de forme rectangulaire de près de 100 mètres de long pour 42 de large.

Le bâtiment était surmonté de toits aigus et allongés. Il possédait une magnifique coupole sur un dôme central à triple étage. Deux ponts en permettaient l'accès : l'un pour le côté cour, l'autre pour le côté parterre. Il était entouré d'une grande cour.

Un parc arboré et ses pièces d'eau

Dans le parc, planté de grands arbres bordant les allées, il y avait de nombreuses pièces d'eau et une cascade. Une chapelle carrée jouxtait le bâtiment principal qui comportait 17 pièces au rez-de-chaussée.

L'intérieur était richement décoré, notamment un grand salon aux boiseries sculptées et aux riches tapis. Dans toutes les pièces, même les chambres, s'étalait un grand luxe. À sa période de gloire, vers 1770, le vicomte de La Rochefoucauld y organisait chasses et spectacles. À la Révolution, le château fut mis sous séquestre.

La destruction intervint en 1852. Les pierres furent récupérées et utilisées comme matériau de construction par les habitants. Quelques éléments de sculptures sont encore visibles en façade dans la grande rue à côté de la mairie. Différents éléments de sculptures ou boiseries sont au château des Varennes. n

Patrick Tapin

Sources. Patrick Moreau, auteur d'un livre sur Turny, son site internet : http:\\turny.chez.com

 

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